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Présentation

Un souffle…

 

C’est l’espace temps nécessaire pour se laisser imprégner, pour se laisser posséder.

Simplement le temps de cligner de l’œil nerveusement,

Pour discerner, le fardeau d’une vie dans les yeux de la mort,

Ou l’innocence sur le visage d’un enfant.

Mon travail est de tenter de modifier les habituels et macabres cadres stéréotypés liés à la différence culturelle.

Ceux qui remplissent nos yeux de pitié mal placée.

On dit que la vie laisse ses marques. Et nous ne pouvons plus compter les coups de l’existence, sur la peau de ces êtres.

Mais les gens restent fiers, encrés sur ce sol qui leur appartient.

Entre deux mondes, entre deux époques, ces générations disparaissent et transmettent, chacune de ses marques.

Les photographies sont réalisées après une rencontre au préalable avec les habitants, chaque cliché possède sa propre histoire, celle d’une rencontre, d’une approche difficile, d’un contact affectif, dans l’espoir d’une confiance.

Émigré bulgare, j’ai quitté un monde il y a des années, pour en redécouvrir un à chacun de mes passages.

Et je continu de photographier ses vies, dans l’espoir d’être le spectateur d’une seconde.

Celle que le temps voudra garder pour lui. Nous devrions même dire, La Seconde, où un regard s’égard, où un souvenir surgit, où une joie éclate.

La photographie est un sport dangereux, parce qu’il n’est pas éthique de voler des âmes, des énergies et d’en faire l’étalage.

Voilà pourquoi j’essai de capter cette seconde avec le respect que mérite ces personnes, sans faire de petits larcins.

Un échange, un partage, dont j’essai de prendre soin depuis plus de dix ans, au fil des routes montagneuses.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants, dont je peux sentir l’odeur âcre de leur peau durcie par le labeur, nous invitent dans leur monde qui sera bientôt rongé.

Tout un questionnement dès plus préoccupant s’ouvre ici :

Le douloureux passage entre deux époques.

Peut-on empêcher le monde d’avancer ?

« Les générations cèdent et les enfants des enfants vont effacer le souvenir de leurs parents, parce que les gens vivent et succombent dans la solitude » Gabriel Garcia.

 
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